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Français - Bac 2024

Métropole - Session normale

Epreuve du 15 juin 2024

Duree : 4h
2 questions
Coef. 5
1 sujet au choix parmi 2

Consigne officielle

Le candidat traitera, au choix, l'un des sujets suivants.

commentaire

Sujet 1

20 points

Enonce

Commentaire

Vous commenterez le texte suivant :

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal (1857)

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement. »

Notions :La poésie du XIXe au XXIe siècleL'écriture poétique et la quête du sens
Difficulte : moyen
Mode examen

Problematique

Comment Baudelaire, à travers cette évocation d'un paysage intérieur, exprime-t-il la condition du poète moderne, partagé entre enfermement et aspiration à l'idéal ?

Introduction redigee

Extrait du recueil Les Fleurs du Mal (1857), ce poème en alexandrins de Charles Baudelaire appartient à la section « Spleen et Idéal ». Il peint un paysage extérieur qui devient le reflet d'un état d'âme, le spleen, cette mélancolie profonde caractéristique de la modernité. Nous analyserons comment, à travers cette évocation allégorique, Baudelaire exprime la condition déchirée du poète, partagé entre l'enfermement terrestre et l'aspiration à l'idéal. Nous étudierons d'abord la représentation de l'âme en souffrance, puis la révolte poétique qui cherche à transcender cette condition.

Plan detaille

I. Une allégorie de l'âme en souffrance : le spleen baudelairien
  • Métaphore filée de l'enfermement : « couvercle », « cachot humide », « prison », « barreaux » qui traduit l'oppression mentale
  • Personnification de l'Espérance en « chauve-souris » : image dégradée et pathétique de l'idéal inaccessible
  • Champ lexical de la décomposition : « pourris », « infâmes araignées » qui envahissent l'intériorité
II. La révolte poétique : des cloches comme cri vers l'idéal
  • Contraste temporel et sonore : « tout à coup » brise la monotonie, « furie » et « hurlement » s'opposent au silence antérieur
  • Comparaison des cloches à des « esprits errants » : image du poète maudit en quête de transcendance
  • Mouvement ascensionnel : « lancent vers le ciel » comme une tentative d'échapper à la pesanteur terrestre

Conclusion redigee

Ce poème condense ainsi l'essence du projet baudelairien : transformer la boue en or, faire de la souffrance moderne une œuvre d'art. Le paysage extérieur devient le miroir d'un paysage intérieur où le spleen étouffe l'idéal, mais où subsiste, dans le cri des cloches, la possibilité d'une révolte poétique. Cette tension entre enfermement et élévation annonce la poésie symboliste et trouve des échos dans l'œuvre d'un Rimbaud, pour qui le poète doit être « voyant » même au prix de la souffrance.

Pieges a eviter

  • !Se contenter de paraphraser les images sans les interpréter symboliquement
  • !Oublier de citer le texte pour étayer l'analyse
  • !Ne pas faire le lien entre forme poétique (alexandrins, quatrains) et sens
dissertation

Sujet 2

20 points

Enonce

Dissertation

« Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. » (Paul Valéry)

Vous discuterez cette affirmation en vous appuyant sur les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles.

Notions :Poésie
Difficulte : difficile
Mode examen

Problematique

Dans quelle mesure la poésie relève-t-elle davantage d'un travail d'inspiration du lecteur par le poète que d'une simple transcription d'une inspiration reçue ?

Introduction redigee

Paul Valéry, dans sa réflexion sur la création poétique, affirme que « Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré ». Cette assertion semble renverser la conception romantique du poète comme simple réceptacle d'une inspiration divine ou intérieure, pour mettre l'accent sur son rôle actif d'éveilleur des consciences. Si traditionnellement on considère le poète comme un être inspiré – par les Muses, par l'émotion ou par le monde – Valéry suggère que sa véritable fonction est d'inspirer à son tour le lecteur. Cette proposition invite à interroger la nature même de l'acte poétique : s'agit-il principalement de transcrire une inspiration reçue, ou de construire délibérément une œuvre qui inspirera le lecteur ? Nous examinerons d'abord en quoi le poète peut être vu comme un artisan inspirateur, puis nous nuancerons cette vision en considérant la persistance de l'inspiration comme don et la liberté interprétative du lecteur, avant de montrer comment ces deux dimensions s'articulent dans une dialectique féconde.

Plan detaille

I. Le poète comme artisan inspirateur : un travail conscient pour éveiller le lecteur
  • La poésie comme construction savante visant à produire un effet (ex: Baudelaire, "Les Fleurs du Mal", travail sur la forme pour créer une émotion)
  • Le rôle du poète comme guide spirituel ou visionnaire (ex: Rimbaud, "Le Bateau ivre", volonté de changer la perception du monde)
II. Les limites de cette conception : la part d'inspiration subie et l'autonomie du lecteur
  • L'expérience de l'inspiration comme force extérieure (ex: Musset, "Les Nuits", poésie comme expression d'un élan intérieur)
  • La réception subjective : chaque lecteur s'approprie le poème différemment (ex: la polysémie des poèmes surréalistes comme ceux d'Éluard)
III. Une dialectique féconde : l'inspiration transformée en pouvoir d'inspiration
  • Le travail poétique comme alchimie transformant l'émotion personnelle en œuvre universelle (ex: Apollinaire, "Alcools", fusion entre inspiration spontanée et construction artistique)
  • La poésie comme espace de dialogue où l'inspiration initiale devient source d'inspiration pour autrui

Conclusion redigee

En définitive, l'affirmation de Valéry, si elle semble d'abord provocante par son inversion des termes habituels, révèle une profonde vérité sur l'acte poétique. Le poète n'est pas seulement un inspiré – même si cette dimension persiste, comme le montre l'expérience romantique – mais surtout un inspirateur, un artisan qui travaille la langue pour éveiller chez le lecteur des émotions, des pensées, des visions nouvelles. Cette dialectique entre inspiration subie et inspiration donnée constitue le cœur même de la création poétique : l'émotion première, l'élan intérieur, doivent être transformés par le travail formel en une œuvre capable de susciter à son tour l'inspiration. Ainsi, de Baudelaire à Apollinaire, la poésie apparaît comme ce lieu paradoxal où la plus personnelle des expériences devient, par le travail du langage, source d'inspiration universelle. On pourrait dès lors se demander si cette capacité à inspirer autrui ne définit pas plus largement toute littérature authentique.

Pieges a eviter

  • !Se contenter de paraphraser la citation sans la problématiser
  • !Oublier de citer des œuvres précises avec des exemples concrets
  • !Négliger la dimension formelle du travail poétique
  • !Confondre inspiration et improvisation

Informations

MatiereFrançais
Session2024
CentreMétropole
Filieregenerale
Coefficient5
Source : Généré par IA (DeepSeek) - Sujet type Bac