HGGSP - Bac 2024
Métropole - Session normale
Epreuve du 15 juin 2024
Consigne officielle
Le candidat traitera l'un des deux sujets au choix.
Sujet 1
Enonce
La Chine, puissance mondiale au XXIe siècle : affirmation, contestations et limites
Problematique
Dans quelle mesure l'affirmation de la Chine comme puissance mondiale au XXIe siècle rencontre-t-elle des contestations et révèle-t-elle des limites qui tempèrent son influence ?
Introduction redigee
Depuis le début du XXIe siècle, la Chine connaît une ascension spectaculaire qui en fait un acteur majeur de la scène internationale. Deuxième puissance économique mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, dotée d'une armée moderne et porteuse d'un projet géopolitique ambitieux avec les Nouvelles Routes de la Soie, la Chine affirme sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans les affaires mondiales. Cette montée en puissance s'inscrit dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux et d'affaiblissement relatif de l'hégémonie américaine. Pourtant, cette affirmation rencontre également des contestations multiples, qu'elles soient internes ou internationales, et révèle des limites structurelles qui tempèrent son influence. Dans quelle mesure l'affirmation de la Chine comme puissance mondiale au XXIe siècle rencontre-t-elle des contestations et révèle-t-elle des limites qui tempèrent son influence ? Nous analyserons d'abord les fondements de cette affirmation multidimensionnelle, puis les contestations et résistances qu'elle suscite, avant d'examiner comment la Chine navigue entre ambition hégémonique et nécessité de coopération dans un monde en recomposition.
Plan detaille
I. L'affirmation spectaculaire de la Chine comme puissance mondiale : une montée en puissance multidimensionnelle
- •La puissance économique : deuxième PIB mondial, intégration dans la mondialisation, puissance commerciale
- •La puissance militaire et technologique : modernisation de l'armée, avancées spatiales et numériques
- •La puissance diplomatique et d'influence : Nouvelles Routes de la Soie, organisations internationales
II. Les contestations et résistances face à la puissance chinoise : un soft power limité et des tensions géopolitiques
- •Les contestations internes : tensions sociales, question de Taïwan, revendications territoriales en mer de Chine
- •Les résistances internationales : rivalité avec les États-Unis, méfiance des voisins asiatiques, critiques sur les droits de l'homme
- •Les limites du modèle chinois : dépendance économique, vieillissement démographique, transition écologique difficile
III. Vers un monde multipolaire ? La Chine entre ambition hégémonique et nécessité de coopération internationale
- •La Chine face aux défis globaux : nécessité de coopération sur le climat, la santé, la sécurité internationale
- •L'équilibre entre affirmation nationale et intégration mondiale : la recherche d'un nouvel ordre international
- •La Chine dans la compétition systémique : entre modèle alternatif et interdépendance avec l'Occident
Conclusion redigee
L'affirmation de la Chine comme puissance mondiale au XXIe siècle constitue indéniablement un fait géopolitique majeur qui transforme les équilibres internationaux. Sa montée en puissance économique, militaire et diplomatique en fait un acteur incontournable, porteur d'un projet alternatif à l'hégémonie occidentale. Cependant, cette affirmation rencontre des contestations significatives, tant sur le plan interne qu'international, et bute sur des limites structurelles qui relativisent sa capacité à imposer un nouvel ordre mondial. Les tensions avec les États-Unis, les résistances de ses voisins asiatiques, les défis démographiques et environnementaux, ainsi que les contradictions entre souveraineté nationale et intégration mondiale, dessinent les contours d'une puissance aux ambitions mondiales mais aux moyens encore partiellement limités. Finalement, la Chine incarne moins une puissance hégémonique en devenir qu'un acteur central d'un monde devenu multipolaire, où la compétition systémique coexiste avec l'interdépendance et la nécessité de coopérer sur les défis globaux. Son avenir comme puissance mondiale dépendra de sa capacité à surmonter ses contradictions internes tout en négociant sa place dans un ordre international en pleine recomposition.
Pieges a eviter
- !Réduire la Chine à sa seule dimension économique
- !Surestimer la puissance chinoise sans voir ses vulnérabilités
- !Négliger la dimension historique de la montée en puissance chinoise
- !Oublier les acteurs régionaux (Japon, Inde, ASEAN) dans l'analyse
- !Traiter la Chine comme un bloc monolithique sans nuances internes
Sujet 2
Enonce
Étude de documents
Document 1 : Carte des principaux conflits liés aux ressources naturelles dans le monde (2020-2023), montrant notamment les tensions en mer de Chine méridionale, au Sahel et en Ukraine. Document 2 : Extrait du discours d'António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, à l'Assemblée générale (septembre 2022) : « La compétition pour les ressources naturelles, exacerbée par le changement climatique, devient un moteur de conflits et d'instabilité. Nous devons transformer cette source de division en opportunité de coopération. »
Consigne : En analysant les documents, vous montrerez comment les ressources naturelles peuvent être à la fois une source de conflits et un levier de coopération internationale.
Problematique
Dans quelle mesure les ressources naturelles, tout en étant des enjeux géopolitiques conflictuels, peuvent-elles aussi constituer un fondement pour la coopération et la paix ?
Introduction redigee
Les ressources naturelles, qu'elles soient énergétiques, minières, hydriques ou agricoles, structurent profondément les relations internationales contemporaines. La carte des conflits (doc. 1) et le discours d'António Guterres (doc. 2) illustrent cette double réalité : ces ressources sont à la fois des sources de tensions géopolitiques majeures et des leviers potentiels pour la coopération internationale. Cette analyse vise à montrer comment, face à la rareté croissante et aux inégalités d'accès, les États et les organisations internationales naviguent entre compétition stratégique et nécessité de collaboration pour gérer ces biens essentiels.
Plan detaille
I. Les ressources naturelles : des enjeux stratégiques générateurs de tensions et de conflits
- •La rareté et la localisation inégale des ressources créent des rivalités de puissance (ex : hydrocarbures en Arctique, terres rares)
- •Le contrôle des ressources comme objectif de guerre et facteur d'instabilité régionale (ex : pétrole au Moyen-Orient, eau au Sahel)
II. La gestion des ressources comme cadre de coopération et de construction de la paix
- •Les traités et organisations internationales pour réguler l'accès et prévenir les conflits (ex : Traité sur l'Antarctique, OMP pour les ressources en eau)
- •Les ressources partagées comme base de diplomatie et d'intégration régionale (ex : gestion du fleuve Sénégal, Union européenne de l'énergie)
III. Les défis contemporains : entre conflictualité persistante et nouvelles formes de coopération
- •L'aggravation des tensions par le changement climatique et la transition énergétique (concurrence sur les métaux critiques)
- •L'émergence de coopérations innovantes face aux biens communs globaux (ex : initiatives pour les océans, alliances pour les énergies renouvelables)
Conclusion redigee
En définitive, les ressources naturelles constituent un paradoxe géopolitique central du XXIe siècle. Si leur contrôle et leur accès restent des enjeux conflictuels, comme le montrent les tensions actuelles, elles offrent également des opportunités uniques de coopération transnationale. La transition écologique et la pression sur les biens communs globaux rendent cette dialectique conflit/coopération plus cruciale que jamais. L'avenir de la paix internationale dépendra en partie de notre capacité à transformer la compétition pour les ressources en gouvernance partagée, comme y appelle le Secrétaire général de l'ONU.
Pieges a eviter
- !Se limiter à une simple liste d'exemples sans analyse géopolitique
- !Négliger la dimension historique de la relation ressources/conflits
- !Oublier de mentionner les acteurs non-étatiques (entreprises, ONG) dans la gestion des ressources
- !Traiter séparément conflits et coopération sans montrer leurs interactions
