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Histoire-Géographie - Bac 2025

Métropole - Session normale

Epreuve du 15 juin 2025

Duree : 4h
3 questions
Coef. 6
1 sujet au choix parmi 3

Consigne officielle

Le candidat traitera UN des sujets d'histoire et UN des sujets de géographie.

composition

Sujet 1

10 points

Enonce

La décolonisation et l'émergence du Tiers-Monde (1945-1975)

Notions :HistoireDécolonisation et construction de nouveaux États
Difficulte : moyen
Mode examen

Problematique

Comment la décolonisation, entre 1945 et 1975, a-t-elle conduit à l'émergence du Tiers-Monde comme acteur des relations internationales, tout en révélant ses limites ?

Introduction redigee

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le système colonial entame un processus de décomposition irréversible. Entre 1945 et 1975, la plupart des colonies d'Asie et d'Afrique accèdent à l'indépendance, donnant naissance à une multitude de nouveaux États. Ces derniers, majoritairement pauvres et soucieux d'affirmer leur souveraineté, tentent de s'organiser pour former une « troisième force » dans un monde bipolaire : le Tiers-Monde. Comment la décolonisation, entre 1945 et 1975, a-t-elle conduit à l'émergence du Tiers-Monde comme acteur des relations internationales, tout en révélant ses limites ? Nous étudierons d'abord les causes et les modalités de la décolonisation, puis nous analyserons la construction politique du Tiers-Monde, avant d'en souligner les fragilités et les divisions.

Plan detaille

I. Les facteurs et les formes de la décolonisation (1945-début années 1960)
  • Affaiblissement des puissances coloniales européennes après la Seconde Guerre mondiale
  • Montée des nationalismes dans les colonies (ex: Parti du Congrès en Inde, Néo-Destour en Tunisie)
  • Rôle de l'ONU et des deux Grands (États-Unis et URSS) favorables à l'émancipation
  • Décolonisations négociées (ex: Inde en 1947, Afrique noire française) et décolonisations conflictuelles (ex: Indochine 1946-1954, Algérie 1954-1962)
II. L'affirmation politique du Tiers-Monde sur la scène internationale (années 1950-1970)
  • La conférence de Bandung (1955) comme acte fondateur : affirmation du neutralisme et condamnation du colonialisme
  • Le mouvement des non-alignés (conférence de Belgrade, 1961) pour peser entre les deux blocs
  • L'action à l'ONU : résolutions pour la décolonisation et création de la CNUCED (1964)
  • Des tentatives d'unité politique régionale (ex: Organisation de l'unité africaine, 1963)
III. Les limites de l'unité et du développement du Tiers-Monde
  • Diversité des régimes politiques et des trajectoires économiques (pays pétroliers vs pays les moins avancés)
  • Persistance de dépendances économiques (néocolonialisme) et instabilités politiques (coups d'État, conflits frontaliers)
  • Faible efficacité des revendications économiques (échec relatif du Nouvel ordre économique international dans les années 1970)
  • Le Tiers-Monde éclaté par la guerre froide (ex: alliances divergentes en Afrique lors des conflits post-coloniaux)

Conclusion redigee

Entre 1945 et 1975, la décolonisation a transformé la carte du monde et permis l'émergence du Tiers-Monde comme concept et comme force politique aspirant à peser dans les relations internationales. Porté par les espoirs de Bandung et du non-alignement, ce vaste ensemble a réussi à imposer certains thèmes, comme la décolonisation, à l'ordre du jour mondial. Cependant, son unité s'est rapidement heurtée à la diversité des situations nationales, à la persistance des dépendances économiques et aux divisions engendrées par la guerre froide. Dès les années 1970, l'expression « Tiers-Monde » elle-même est remise en cause, laissant place à une réalité plus fragmentée entre pays émergents et pays les moins avancés, tout en ouvrant la question, toujours actuelle, des inégalités de développement à l'échelle planétaire.

Pieges a eviter

  • !Se limiter à une simple énumération chronologique des indépendances
  • !Confondre Tiers-Monde (concept politique des années 1950-1970) et Sud global (concept économique contemporain)
  • !Oublier de mentionner le rôle de l'ONU et des grandes puissances
  • !Négliger les aspects économiques (revendication du NOEI) au profit du seul récit politique
composition

Sujet 2

10 points

Enonce

Les espaces productifs français face à la mondialisation

Notions :GéographieEspaces productifs
Difficulte : moyen
Mode examen

Problematique

Dans quelle mesure les espaces productifs français, diversifiés et hiérarchisés, parviennent-ils à s'adapter aux défis de la mondialisation tout en répondant aux enjeux de développement territorial ?

Introduction redigee

Les espaces productifs français, qui désignent l'ensemble des territoires où s'exercent des activités économiques de production, présentent une grande diversité spatiale et sectorielle. Marqués par des héritages historiques forts, ils sont aujourd'hui profondément recomposés par les logiques de la mondialisation, entendue comme l'intensification des échanges et des interdépendances à l'échelle planétaire. Cette intégration dans l'économie mondiale génère à la fois des opportunités de développement et des défis majeurs, notamment en termes de compétitivité, d'aménagement du territoire et de transition écologique. Nous analyserons comment ces espaces s'adaptent aux exigences de la mondialisation tout en cherchant à préserver des équilibres territoriaux et à répondre aux nouveaux enjeux du développement durable.

Plan detaille

I. Une adaptation différenciée des espaces productifs aux logiques de la mondialisation
  • Concentration des fonctions de commandement dans les métropoles (Paris, Lyon, Toulouse)
  • Intégration des littoraux et interfaces dans les flux mondialisés (Fos-sur-Mer, Le Havre)
  • Désindustrialisation et reconversion difficile des anciens bassins industriels (Nord, Lorraine)
II. Des stratégies de compétitivité et d'innovation pour renforcer l'attractivité
  • Développement des pôles de compétitivité et clusters (Sophia Antipolis, Bordeaux Technowest)
  • Spécialisation dans les hautes technologies et services supérieurs (aéronautique à Toulouse, numérique à Paris-Saclay)
  • Valorisation des filières d'excellence et labels (agriculture, luxe, tourisme)
III. Les défis territoriaux : équité, transition écologique et souveraineté productive
  • Rééquilibrage des dynamiques entre métropoles et espaces périphériques
  • Intégration des impératifs de développement durable dans les modèles productifs
  • Relocalisations stratégiques et renforcement des filières nationales

Conclusion redigee

Les espaces productifs français connaissent donc une profonde mutation sous l'effet de la mondialisation, qui accentue les contrastes territoriaux tout en ouvrant de nouvelles perspectives. Si les métropoles et les interfaces maritimes renforcent leur position dominante grâce à leur intégration aux réseaux mondiaux, de nombreux territoires peinent à trouver leur place dans cette économie globalisée. Les politiques publiques, à travers les pôles de compétitivité, les plans de reconversion ou les stratégies de spécialisation intelligente, tentent d'accompagner ces transformations. L'enjeu majeur réside désormais dans la capacité à concilier compétitivité internationale, réduction des inégalités spatiales et transition écologique, dans un contexte où les crises récentes (sanitaire, énergétique) ont remis en lumière l'importance de la souveraineté productive et des circuits courts.

Pieges a eviter

  • !Réduire la mondialisation à ses seules dimensions économiques
  • !Négliger les échelles d'analyse (du local au global)
  • !Oublier la dimension temporelle (héritages, mutations)
  • !Traiter séparément les différents types d'espaces productifs sans montrer leurs interactions
  • !Passer sous silence les acteurs (entreprises, État, collectivités, UE)
etude documents

Sujet 3

10 points

Enonce

Étude de documents

Document 1 : Carte des flux d'échanges commerciaux mondiaux en 2022 (source : OMC). Cette carte montre les principaux courants d'échanges de marchandises entre les grandes régions du monde, avec l'épaisseur des flèches proportionnelle à la valeur des échanges. Document 2 : Extrait d'un discours d'Emmanuel Macron, président de la République française, lors du Forum Économique Mondial de Davos, janvier 2023 : « La mondialisation que nous avons connue est en train de se recomposer. Nous devons construire une mondialisation plus juste, plus durable, qui ne laisse personne de côté et qui protège notre souveraineté stratégique. Cela passe par une relocalisation partielle de certaines productions essentielles et par des partenariats commerciaux rééquilibrés. »

Consigne : En vous appuyant sur les documents et vos connaissances, vous montrerez comment les échanges mondiaux évoluent et quels sont les nouveaux défis de la mondialisation au début du XXIe siècle.

Notions :Histoire-Géo
Difficulte : moyen
Mode examen

Methode

Pour réussir une étude de documents en histoire-géographie, il faut d'abord analyser chaque document séparément en identifiant sa nature, sa source, sa date et son message principal. Ensuite, confronter les documents pour dégager leurs points communs et leurs divergences. La consigne impose une structure en deux parties : l'évolution des échanges mondiaux (appuyée sur le doc 1 et les connaissances) et les nouveaux défis (appuyés sur le doc 2 et les connaissances). Il faut citer explicitement les documents (par exemple : 'comme le montre la carte du document 1...') et les mettre en relation avec des connaissances précises (acteurs, lieux, processus, chiffres). Le plan doit être équilibré et répondre directement à la problématique implicite : comment et pourquoi la mondialisation contemporaine se transforme-t-elle ?

Points cles

  • 1La persistance des pôles majeurs des échanges : Le document 1 (carte OMC 2022) montre que les flux commerciaux les plus intenses (flèches les plus épaisses) relient toujours l'Asie de l'Est (notamment la Chine), l'Amérique du Nord et l'Europe. Ces trois pôles de la Triade structurent encore l'économie mondiale, avec des échanges croisés de produits manufacturés, de services et de capitaux.
  • 2L'émergence de nouvelles polarités et l'intensification des flux Sud-Sud : La carte révèle également l'importance croissante des échanges intra-asiatiques et des flux entre l'Asie et d'autres régies du Sud (Afrique, Amérique latine). Cela illustre le rôle ascendant des pays émergents (Chine, mais aussi Inde, ASEAN) qui deviennent des hubs commerciaux et des ateliers de production mondiaux, modifiant la géographie historique des échanges.
  • 3La remise en cause du modèle hyper-globalisé et l'appel à une 'recomposition' : Le document 2 (discours de Macron, 2023) témoigne d'une critique officielle du modèle de mondialisation libérale dérégulée. Les termes 'se recomposer', 'plus juste', 'durable', 'souveraineté stratégique' renvoient aux crises du début du XXIe siècle (crise financière de 2008, pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine) qui ont exposé les vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement mondiales trop longues et la dépendance stratégique.
  • 4Les nouveaux impératifs : relocalisation, résilience et durabilité : Le discours évoque explicitement la 'relocalisation partielle de certaines productions essentielles' (santé, semi-conducteurs, énergie). Cela correspond au concept de 'démondialisation' sélective ou de 'slowbalisation', où la recherche de sécurité prime parfois sur la recherche du moindre coût. Le défi environnemental ('durable') impose aussi de repenser les flux en fonction de leur empreinte carbone.
  • 5La tension entre ouverture commerciale et protection des intérêts nationaux/régionaux : L'idée de 'partenariats commerciaux rééquilibrés' et de protection de la 'souveraineté' reflète la montée des logiques de blocs économiques régionaux (accords de libre-échange approfondis, comme l'ACEUM) et un certain retour du protectionnisme ciblé (guerre commerciale sino-américaine). La mondialisation doit désormais composer avec des exigences géopolitiques et sociales.

Informations

MatiereHistoire-Géographie
Session2025
CentreMétropole
Filieregenerale
Coefficient6
Source : Généré par IA (DeepSeek) - Sujet type Bac