SES - Bac 2025
Métropole - Session normale
Epreuve du 15 juin 2025
Consigne officielle
Le candidat traitera au choix le sujet de dissertation ou l'épreuve composée.
Sujet 1
Enonce
Dans quelle mesure le commerce international contribue-t-il à la croissance économique ?
Problematique
Si le commerce international semble être un facteur déterminant de la croissance économique par les gains d'efficacité et les économies d'échelle qu'il permet, dans quelle mesure ses effets peuvent-ils être limités par des inégalités de développement et des déséquilibres structurels ?
Introduction redigee
L'expansion spectaculaire du commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale, multiplié par plus de 40 en volume, coïncide avec une période de croissance économique mondiale sans précédent. Le commerce international désigne l'ensemble des échanges de biens et services entre nations, tandis que la croissance économique correspond à l'augmentation durable de la production d'un pays. Si la libéralisation des échanges apparaît comme un moteur de prospérité selon les théories classiques, son impact réel sur la croissance mérite d'être nuancé. Nous nous demanderons donc dans quelle mesure le commerce international contribue effectivement à la croissance économique. Nous verrons d'abord qu'il la stimule par les gains d'efficacité et les économies d'échelle, puis que cette contribution connaît des limites liées aux inégalités et déséquilibres structurels, enfin qu'un commerce régulé et inclusif peut favoriser une croissance plus durable.
Plan detaille
I. Le commerce international stimule la croissance économique par les gains d'efficacité et les économies d'échelle
- •Théorie des avantages comparatifs (Ricardo) : spécialisation selon les dotations factorielles → gains à l'échange et augmentation de la production mondiale
- •Économies d'échelle : élargissement des marchés permet la baisse des coûts unitaires (Krugman) → compétitivité-prix améliorée
- •Diffusion technologique : commerce facilite transferts de technologies et d'innovations → gains de productivité
II. Les limites de cette contribution : inégalités, dépendance et déséquilibres structurels
- •Spécialisation défavorable : risque de dépendance à des produits primaires à faible valeur ajoutée (prébendierisme) pour les PED
- •Désindustrialisation prématurée : concurrence déloyale peut entraver l'émergence d'industries naissantes (théorie de List)
- •Inégalités de répartition : gains du commerce inégalement répartis entre pays et au sein des pays → creusement des écarts
III. Vers un commerce international régulé et inclusif pour une croissance durable
- •Nécessité d'accords commerciaux équilibrés et de politiques d'accompagnement (formation, innovation)
- •Intégration régionale comme étape vers une insertion mondiale maîtrisée (ex : UE, ASEAN)
- •Commerce équitable et normes sociales/environnementales pour internaliser les externalités négatives
Conclusion redigee
En définitive, le commerce international constitue un puissant vecteur de croissance économique lorsqu'il permet une spécialisation efficiente et des économies d'échelle, comme l'illustre le succès des pays asiatiques ayant su s'insérer dans les chaînes de valeur mondiales. Cependant, sa contribution est limitée par les inégalités de développement qu'il peut renforcer et les déséquilibres structurels qu'il génère parfois. La question n'est donc plus de savoir s'il faut ou non commercer, mais comment organiser les échanges internationaux pour qu'ils profitent au plus grand nombre. L'enjeu actuel réside dans la construction d'un système commercial multilatéral qui intègre mieux les dimensions sociales et environnementales, ouvrant ainsi la voie à une croissance véritablement inclusive et soutenable.
Pieges a eviter
- !Réduire le sujet à un simple catalogue des avantages et inconvénients sans problématisation
- !Oublier les mécanismes économiques précis (avantage comparatif, économies d'échelle)
- !Manquer d'exemples chiffrés et d'études de cas concrets
- !Confondre croissance et développement économique
Sujet 2
Enonce
ÉPREUVE COMPOSÉE
Partie 1 - Mobilisation des connaissances (4 pts) Expliquez comment les pouvoirs publics peuvent lutter contre les inégalités économiques et sociales.
Partie 2 - Étude d'un document (6 pts) Document : Tableau présentant l'évolution du taux de pauvreté et du coefficient de Gini en France de 2008 à 2022 (en % et en indice).
Année | Taux de pauvreté (seuil à 60% du niveau de vie médian) | Coefficient de Gini 2008 | 13,0 | 0,289 2012 | 14,1 | 0,303 2016 | 14,0 | 0,292 2020 | 14,6 | 0,295 2022 | 14,5 | 0,290 Source : Insee, 2024.
- Présentez le document. (2 pts)
- Montrez l'évolution des inégalités de revenus en France entre 2008 et 2022. (4 pts)
Partie 3 - Raisonnement (10 pts) À l'aide de vos connaissances et du document de la partie 2, vous montrerez que les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments pour réduire les inégalités, mais que leur efficacité peut être limitée.
Methode
Pour réussir l'épreuve composée en SES, il faut structurer sa réponse selon les trois parties distinctes. Pour la mobilisation des connaissances (4 pts), il s'agit de construire une réponse organisée en deux ou trois paragraphes, définissant les concepts clés et présentant les mécanismes d'action des pouvoirs publics. L'étude de document (6 pts) exige une présentation formelle (nature, source, date, variables) puis une analyse rigoureuse des données, en évitant la simple paraphrase. Le raisonnement (10 pts) est une mini-dissertation qui doit articuler une démonstration en plusieurs parties, intégrant à la fois les connaissances du cours et les données du document. Il faut impérativement respecter les consignes de chaque partie et gérer son temps efficacement (environ 1h pour l'ensemble).
Points cles
- 1La redistribution comme instrument principal : Les pouvoirs publics utilisent la redistribution pour corriger les inégalités primaires issues du marché. Cela passe par les prélèvements obligatoires (impôts progressifs comme l'IR, cotisations sociales) qui financent les prestations sociales (minima sociaux, allocations familiales) et les services collectifs (éducation, santé).
- 2L'action sur les causes structurelles : Au-delà de la redistribution monétaire, l'État peut agir sur les facteurs générateurs d'inégalités via la régulation du marché du travail (SMIC, droit du travail), la politique éducative (lutte contre l'échec scolaire) et la politique de la ville (rénovation urbaine).
- 3L'analyse des indicateurs du document : Le taux de pauvreté mesure la proportion de personnes sous un seuil relatif (60% du niveau de vie médian), sensible à la croissance et aux transferts sociaux. Le coefficient de Gini (compris entre 0 et 1) synthétise les inégalités de revenus pour l'ensemble de la population.
- 4L'évolution en deux phases : Les données montrent une dégradation entre 2008 et 2012 (crise financière), puis une relative stagnation à un niveau élevé ensuite, malgré les politiques publiques. Cela illustre la résistance des inégalités.
- 5Les limites de l'intervention publique : L'efficacité des politiques peut être limitée par des effets pervers (trappe à inactivité, désincitation à l'effort), l'évasion fiscale, l'acceptabilité sociale des prélèvements, et les contraintes budgétaires (dette publique).
